Said Bouftass grand réalisateur de films d'animation et de dessins animés

Said Bouftass et films d’animation

ARTICLE EXTRAIT DU JOURNAL LE MATIN

Saïd Bouftass expose ses représentations : «Corps et accord» à Rabat

L'artiste plasticien Saïd Bouftass expose ses représentations du 25 novembre au 29 décembre à l'espace "expressions" de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) sous le signe "Corps Accord".

Les oeuvres de Saïd Bouftass, grand passionné du corps, sont entièrement basées sur l'homme représenté sous la forme d'un corps décharné, réduit à ce qui en reste lorsqu'on le dépouille des tissus mous, à peine un ensemble d'os constituant une charpente, un squelette qui est ressuscité entre ses mains.

On pourrait penser que ce sujet est trop macabre pour l'art, mais Bouftass trouve le tremplin du morbide vers le merveilleux, de l'immobilité vers la dynamique, du sinistre à l'amusant. Le corps l'intrigue et le sublime à la fois, c'est pourquoi il tente de le saisir dans le moindre de ses mouvements. «Sans le corps qui me donne un visage, je ne serais pas», confie Bouftass.

Il a choisi de commencer par le squelette, la base de tout, l'ossature, un domaine qu'il connaît par cœur. Les squelettes de Bouftass sont recouverts d'une sensibilité évidente. Ils jouent aux funambules entre l'espace, le temps et la lumière et invitent tout simplement à réfléchir sur soi.

Dessiner, selon lui, implique «un dépouillement, une mise à nu, qui inquiètent» estimant que le dessin est «la transposition poétique des agitations de ma vie et de la vie des autres» . Dans sa méthode, il procède par opposition, il confronte le blanc écarlate du papier à la noirceur complète de l'encre de chine ou du fusain.

 

ARTICLE EXTRAIT DE MAGHRESS

Said Bouftass : Quand l'Autre devient une hantise 

ALM : Vos œuvres sont actuellement exposées à la Bibliothèque nationale, parlez-nous de cette exposition…Said Bouftass : L'année 2013 commence bien pour moi puisque la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc abrite du 17 janvier au 17 février 2013 ma nouvelle exposition «Le corps en morceaux». L'espace de la galerie épouse bien l'esprit de mon travail. Mes peintures y respirent très agréablement. Je suis vraiment, tout à la fois, heureux et honoré.
Vous êtes l'un des peintres marocains à avoir placé le corps humain au centre de vos œuvres, pourquoi ce choix ?
Effectivement. Le corps interpelle, bien entendu, tous les artistes et tout le monde. Pour moi, il devient une vraie obsession. J'ai passé huit heureuses années à l'Ecole supérieure des beaux-arts de Paris à travailler comme un malade dans le département de morphologie du corps humain. Après l'obtention de mon diplôme j'ai assisté aux cours pratiques de François Fontaine pendant 18 mois. Ensuite et pour réfléchir et digérer cet intense travail pratique, je suis allé à l'Université Paris 8 continuer mes études jusqu'à l'obtention de mon doctorat avec une recherche intitulée «La morphologie du corps humain entre pédagogie artistique et science du corps». Donc j'ai réussi à acquérir une connaissance, anatomique et philosophique, assez profonde du corps humain.
Le corps continue à nous surprendre et nous étonner et ne sera jamais obsolète puisque nous ne cessons de le réinventer à travers nos conceptions et notre quotidien.
Quelle est votre principale source de création ?
L'Autre est ma vraie source d'inspiration. L'Autre me hante en permanence. L'Autre est partout surtout au fond du miroir. Observer, écouter, vivre pleinement, lire, écrire, prendre du recul… sont des habitudes qui me permettent d'être à l'écoute de la vie et de moi-même et m'aident ainsi à tisser un lien viscéral et vrai avec la toile.
Comment définissez-vous votre démarche artistique ?
Il m'est presque impossible de définir mon travail pictural. Mais je dirais que je ne peins pas pour séduire ni pour plaire, mais pour interroger mes démons, ma trajectoire. Je peins pour vivre un moment total de liberté. Je peins pour consommer ma solitude pour être avec moi-même. Ma démarche artistique est plutôt égocentrique puisque je peins d'abord pour guérir du «mal de vivre», pour provoquer un silence d'esprit.
Vous êtes également créateur de dessins animés, comment est née cette passion ?
La passion de la création du dessin animé est plustôt logique et naturelle. Puisque la passion monomaniaque de la morphologie du corps humain implique celle de la physiologie donc du mouvement et du dessin animé. J'avais créé, en 1996, la première société de dessin animé dans l'histoire du Maroc (Casapremière) avec laquelle j'avais réalisé, avec une équipe de jeunes créateurs, plusieurs produits en publicité (Tomate Aïcha) et des séries télévisées (Kenzi, allô maman bobo).
Avez-vous des projets ?
En tant qu'enseignant-chercheur à l'Ecole nationale d'architecture à Rabat, je pilote un projet intitulé «Architecture et Culture» qui, comme premier fruit, donnera la naissance du premier colloque national «Architecture et Culture» organisé par l'ENA et la BNRM. Nous avons proposé la date du 5 avril 2013. Ce projet me tient trop à cœur puisqu'il permettra de dire avec force qu'une politique en dehors de l'art et de la culture est tout simplement inconcevable. Des invités de marque seront parmi nous pour réfléchir d'une manière scientifique, sociologique, politique et artistique sur la question. J'ai eu l'honneur d'être désigné comme directeur du Festival international de la bande dessinée de Casablanca. Cette année nous préparons la 2ème édition qui aura lieu les 3, 4 et 5 mai 2013. Nous fêterons le «Manga». En invitant le Japon pour cette édition, nous manifestons notre admiration pour la civilisation japonaise et sa culture et nous célébrons l'amitié maroco-japonaise. 

ARTICLE EXTRAIT DU JOURNAL AUJOURDHUI LE MAROC

Said Bouftass : La passion du corps

«Corps accord » est le titre de l’exposition qui se déroule actuellement à la galerie de la CDG à Rabat. Cette exposition est signée Saïd Bouftass, un artiste plasticien né en 1963 à Casablanca et diplômé des Beaux-Arts de Paris. Passionné du corps humain, Saïd Bouftass base son travail entièrement sur l’Homme. Cet homme est représenté sous la forme d’un corps complètement décharné, dépouillé de sa peau. Seuls les os restent visibles. Dépouillé de ses tissus mous, seul le squelette subsiste. 
L’ossature semble être un domaine qui passionne et qui intéresse l’artiste. Cela a même fait l’objet de sa recherche pour l’obtention du doctorat ès-Art Plastiques à l’Académie des Beaux-Arts de Paris. En effet, cette recherche est intitulée : «La morphologie du corps humain entre Science du corps et pédagogie artistique». 
A la manière d’un anatomiste, Saïd Bouftass dessine l’ossature de l’Homme, il n’en garde que la charpente. Selon un observateur : « le corps intrigue Saïd Bouftass et le sublime à la fois, c’est pour cela, qu’il tente de le saisir dans le moindre de ses mouvements ». Cependant, en dépouillant l’Homme de sa chair, c’est une manière de lui faire perdre sa vie. Alors, pour échapper à cette certitude, et pour éviter de passer pour un assassin, Saïd Bouftass donne de la mobilité à ses ossatures. Ce sont des squelettes certes, mais qui sont animés. Ces séries d’oeuvres, qui sont exposées à la CDG, évoquent en effet la technique image/image propre au cinéma d’animation. Un autre domaine propre à Saïd Bouftass. Cet artiste est aussi créateur de dessins animés. En effet, sa passion l’a mené à la physiologie, au mouvement et au dessin animé, l’expression artistique la plus complète et qui joint l’image, le mouvement, le son et la réalisation. 
Professeur à Art’Com, école de Design et de Communication de Casablanca, Saïd Bouftass, fondateur de la première société de dessins animés au Maroc, vient juste de créer une société de production de courts-métrages en dessins animés : «Arterama production». En outre, les dessins de Saïd Bouftass sont créés pour la plupart en encre de Chine. 
Le noir sur fond blanc est dominant dans les oeuvres de cet artiste plasticien. C’est cette même couleur sombre qui donne une impression de tristesse. Certains pourraient même penser que cette façon de traiter ce sujet est trop macabre, morbide pour l’art. Même les titres des dessins – «Précarité», «Pardon», «Divergences» «Interrogations» – traduisent un certain pessimisme transmis par l’auteur. Mais cette tristesse et ce pessimisme sont selon l’artiste propre à l’Homme. Selon, lui, chacun de nous, porte en lui-même une blessure secrète et qui finit avec le temps par le ronger. « Cette exposition est dédiée à tous ceux qui reconnaîtront, dans mes dessins, cette «blessure secrète» qui gît en nous», dit l’artiste. Saïd Bouftass semble être passionné par la double caractéristique du corps. Il déclare lui-même : «Le corps révèle autant qu’il masque ». Cette double fonction est le propre de l’Homme. C’est à la limite de l’énigmatique. Cette même énigme a touché Saïd Bouftass qui ajoute: «Il y a dans mes dessins, un sentiment d’une énigme contenue là, à la portée de la main et du regard et pourtant insaisissable : toute la fragilité et la force de la condition humaine ». C’est peut-être une manière pour l’artiste de pousser le spectateur à s’interroger sur la condition humaine, et de se remettre en question.